4ème livre reçu
La mécanique des femmes – Louis Calaferte. Envoyé par Mr Francis Foulon
« Il y a deux choses de toi que je ne connais pas encore, ton écriture et l’odeur de ton foutre ». Non, je ne m’adresse pas à vous Francis, d’ailleurs je connais votre écriture puisque vous avez joint une charmante lettre à votre livre, pour le reste, restons-en là si vous le voulez bien. Il s’agit d’un petit extrait de ce…qu’est-ce que c’est en réalité ? Un texte ? Appelons ça comme ça. Alors j’ai lu. Excusez-moi je baille.
« Je suis un petit chat. Un tout petit chat. Tu me mets dans la poche de ton pantalon pour que j’aie bien chaud. Vers les couilles, c’est toujours chaud. Je serai le petit chat de tes couilles. » Ah, ah, ah. Après trois pages de ce…texte j’ai posé prés de moi un minuteur afin qu’il sonne et me réveille toutes les dix minutes. Car ce bouquin est d’un ennui mon ami ! Oulala, la dernière fois que je me suis ennuyé comme ça c’était en regardant l’intégralité de la partie d’échec qui opposa Pilnik et Czerniak en 1953, cent quatre-vingt-onze coups, vingt heures ! Mais je m’éloigne du sujet. Donc, « Sois dur. Craque de désir. Les couilles remontées. Le gland à éclater ». Intéressant. Passionnant. Dring. C’est le minuteur. Le mauvais écrivain a cette particularité qu’il vous désintéresse de ce qui, d’ordinaire, vous intéresse beaucoup. Dieu sait si les petits chats dans les poches m’intéressent ! Mais là, rien, simplement l’envie d’être à demain et à un nouveau colis dans la boîte aux lettre. Si au moins il y avait eu, entre deux « bites » ou « couilles », une subtilité d’écriture, un jeu sur un vocatif par exemple, quelque chose comme : « Et qui pourrait encore me baiser, des bites fatiguée ? ».
Dring.
En revanche je ne vais pas y aller de ces commentaires appauvrissant et tout aussi ennuyeux que ce texte sur le manque de respect de Calaferte pour les femmes, on peut ne pas respecter la femme, tant que c’est bien écrit, tant qu’il y a de l’idée !
Heureusement que ce livre m’a endormi car sinon j’aurai pleuré. Oui. Lorsque je lis un bon roman sur la guerre, je deviens un peu soldat, lorsque je lis Burroughs je suis un peu camé, paumé, parce que le livre est une passerelle entre l’esprit de l’auteur et celui du lecteur. Heureusement que je me suis endormi, sinon je me serai vu vulgaire et sans esprit, et j’aurai pleuré. En parlant de ce qu’il pense être la mécanique des femmes Calaferte montre les limites des hommes. Dring.
Mais regardons ce film de Jérôme de Missolz, l’adaptation, la fameuse adaptation du texte, on ne sait jamais, mais je n’y crois guère…la jaquette mentionne « d’après l’ouvrage de Louis Calaferte ». « Ouvrage », même les gens du cinéma n’ont pas osé écrire livre ou roman ou œuvre, ils ont choisi un terme du bâtiment.
Quatre-vingt quatorze minutes viennent de s’écouler. Vous êtes mon préféré Francis, j’ai saisi la subtilité de votre démarche. Avec cette adaptation mauvaise à haïr le cinéma vous parvenez à faire passer le texte de Calafarte pour bon. Il y a une scène tout de même qui vaut le détour, vers la soixante quinzième minutes, lorsque notre héros est sur la plage et que le sosie de Iggy Pop version féminine sort d’on ne sait où pour venir lui dire ( façon Clavier dans les Visiteurs ) : « Je l’dirai aux chiens, y viendront t’la manger, ils me connaissent, ils m’obéissent. T’auras plus d’zézette et ils mangeront les boules avec, t’auras plus rien, comme une fille ». Edifiant.
Espérant gagner et recevoir des livres, vous avez écrit votre adresse sur la lettre, grave erreur. Je sais désormais où vous vivez Francis…
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