Et les sept livres reviennent à…
Pas tout de suite, avant cela discutons un peu.
Il y a quelques jours une charmante personne m’a dit que « ce blog était une honte », « que la littérature c’était sérieux ! », « que ça n’avait aucun sens de dire du mal de livres dont tout le monde pense du bien »…
Permettez-moi de répondre, ça ne sera pas long.
Il y a dans notre démarche une forme revendiquée de « combat idéologique, voire politique ». Nous sommes des anti « Bâteau Livres », cette émission littéraire durant laquelle on voit quelques types en costumes Armani venir bruncher au Champagne le dimanche sur une péniche et se pignoler en récitant des extraits de leurs livres à lire forcément. Nous sommes de ceux qui ne brunchent pas au Champagne le dimanche, pas les moyens, et même si nous les avions, nous en resterions à nos principes. Nous pensons qu’il existe des personnes qui comme nous considèrent la littérature comme « une matière vivante, une matière du vivant », qui la respectent pour ce qu’elle offre « d’humanité ». Nous ne sommes pas de cette masse corvéable qui prend pour argent comptant les choix de lecture d’une pseudo élite qui nous endort parce qu’elle-même est endormie. Pour que notre blog ne soit pas une honte il faudrait qu’il se conforme ( et non se forme ) et loue les 1000 et 1 livres à lire absolument dans sa vie ! Et point final !
Mais justement non, pas de point final, peut-être quelques points sur les « i ».
Ce qui nous intéresse, se sont les chemins de traverse, ceux qui nous mènent à l’autre et à sa conscience du monde. Si résister à une pensée dégonflée ce n’est pas sérieux, alors soit ! Nous revendiquons de n’être pas sérieux.
Nous exécrons cette littérature séparée de la vie, cette littérature de petits salons aux velours amarante, cette littérature de littéraires oeuvrant comme des serviteurs dociles pour des puissances communicantes. Or la création est hors du champ de la communication, elle se déploie dans un espace de lutte, dans un Tabula Rasa permanent.
Aujourd’hui la littérature est une valeur marchande. Un auteur est bon s’il vend beaucoup de livres, mauvais si la moitié de ses bouquins passent au pilon. Plus de pépites de derrière les rayonnages, « tu vends ou tu dégages ! ». Dés lors certains se sont mis à vouloir vendre et ont oublié d’écrire – Pas de noms ici, suffit d’aller jeter un œil sur les têtes de gondoles de la FNAC, premier chien-chien du système. Pas d’éthique, ce qui compte c’est le fric.
Nous disons parfois du mal de livres dont tout le monde pense du bien ? Deux raisons à cela :
Premièrement, nous ne sommes pas « tout le monde ».
Deuxièmement, nous ne sommes pas critiques littéraires et n’agissons donc pas en commerciaux de la pensée du moment.
Ah aussi, en réalité il y a une dernière raison qui explique notre soit-disant « agressivité » et pour cela je vais citer Romain Gary :
« seuls le manque de respect, l’ironie, la moquerie, la provocation même, peuvent mettre les valeurs à l’épreuve, les décrasser, et dégager celles qui méritent d’être respectées. La vraie valeur n’a jamais rien à craindre de ces mises à l’épreuve par le sarcasme et la parodie, par le défi et par l’acide. »
Si après avoir lu notre article sur Villa Amalia vous replongez dans cette lecture sans rire à chaque fois que le mot pyjama se présente sous vos yeux, si les anaphores ne vous sautent pas au visage comme un bouffon sur ressorts sorti de sa boîte… alors continuez de lire, appréciez cette lecture et ne pensez plus à nous.
Nous sommes récompensés, en off, comme l’on dit. Car les discussions s’engagent ici où là, se poursuivent hors du blog et de son « jeu ». Des liens se créent, des rencontres se font, entre nous et quelques personnes qui découvrent des livres, qui nous en font découvrir…
Nous ne sommes pas riches des droits d’auteurs générés par ce blog ( 19 centimes d’euros par mois ! ), mais bien de toutes ces rencontres et de tous ces échanges, de tous « les possibles » que ça nous laisse entrevoir.
Il y a mille et un blogs « sérieux » de littérature, des blogs qui disent beaucoup de bien des livres qui sont forcément bien, des blogs pointus, et sans doute conviennent-ils davantage à certains d’entre vous… Nous n’imposons rien, certainement pas nos avis ( que nous débattons déjà entre nous ! ) car la seule chose qui compte, c’est que la porte reste ouverte toujours, que de l’air passe, en courant ; Que des gens entrent et ressortent, nous parlent ou non… Qu’ils se sentent ici chez eux.
Si nous sommes trois au MBC, c’est simplement pour qu’une surveillance puisse s’exercer : Si l’un de nous un jour commence à se prendre au sérieux ( genre « Brunch sur la péniche »), alors les deux autres le chassent à coup de manches à balai !
Mais il est peut-être temps de donner le nom de celui ou celle qui remporte sept des livres présentés lors de cette première session du Marcian Bottles Club.
Un peu de patience voyons !
PS : Nous recherchons activement Mr Lambert C. qui nous a fait parvenir le roman « Le lièvre de Vatanen ».
Qu’il prenne contact avec nous : lucian.durden@hotmail.fr| Mars 2010 | ||||||||||
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